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LES LECTURES DE LA SEMAINE 4ème ANNÉE N 12

LE JOUJOU CHEZ LES SAUVAGES


Abel et Caïn avaient-ils des joujoux ? C'est probable, quoique la Tradition ait omis de nous renseigner à cet égard.
J'imagine que ce fut Eve qui, la première, eut l'idée de donner à Caïn un os d'élan afin qu'il pût le sucer à son aise, tandis qu'Adam se reposait des fatigues de la chasse en sculptant pour le petit Abel les animaux d'une arche de Noé (?) dans un morceau de bois de frêne...
Les sauvages les plus farouches se montrent, à ce point de vue, aussi bons parents que nous-mêmes, et c'est ce qui va nous étonner ; ils le sont davantage, car nous nous contentons d'aller acheter au Louvre ou au Bon Marché , voire au Paradis des Enfants , les jouets que nous comptons offrir à nos bambins, tandis que les sauvages fabriquent eux-mêmes les présents destinés à leurs enfants.
Tel guerrier épouvantablement peint et renommé à des lieues à la ronde pour sa férocité, s'appliquera pendant des heures entières à tailler dans un morceau de bois un petit oiseau comme celui dont nous donnons ici le dessin, aux ailes mobiles pouvant battre au moyen d'une ficelle, et qui fera pour le futur chef indien encore occupé à sucer son pouce, un joujou merveilleux.
Les bébés des Indiens Zunis ont aussi des hochets, peints en couleurs vives et remplis de petits cailloux, pareils à celui que nous reproduisons ici, à droite de l'oiseau. N'allons pas oublier les toupies : en voici une collection, les unes, comme celle-ci au corps plat, sphérique et colorié en bandes de diverses teintes, viennent des tribus d'indiens Moquis (Arizona) ; cette autre, un peu plus compliquée, ornée d'une plume à sa base et munie d'une longue ficelle, est un jouet qui provient de l'Alaska.
De l'Alaska également, ce modeste toton en os ; en voici un autre allongé en forme de navet, qui fut taillé par un Indien Zuni.
Un jeu bien amusant aussi, paraît-il pour les petits Maoris de la Nouvelle-Zélande, jeu quasi-religieux, dirais-je, est celui qui consiste à faire tourner violemment une planchette reliée à un long bâton par une corde en boyau. Cela imite le mugissement du taureau et cela passe pour faire pleuvoir, en appelant l'attention du dieu du tonnerre. La planchette a la forme d'un bouclier long ; elle est ornée de signes cabalistiques. Ce jeu était en usage chez les Égyptiens, et l'on accompagnait d'une cérémonie.
Quant aux poupées ! il y en a de toutes formes de toute espèce ; depuis les petites figurines d'ivoire de l'Alaska taillés dans les larges défenses des mammouths fossiles ou dans des os de baleine et recouvertes, de souples peaux de requins garnies de fourrures, jusqu'au naïfs poupons des petits nègres de l'Afrique du Sud, qui sont noirs comme du charbon et n'ont pas d'habits du tout...
En tête de notre article, en haut et à droite, figure un personnage d'étoffe vêtu de couleurs éclatantes ; sur son visage bruni sont cousus deux yeux blancs et souriants, il porte de véritables cheveux tressés en longues nattes avec de petits rubans de flanelle, et les larges pantalons ornés de franges d'une jeune Gaucho mexicain.
Voici un "danseur du feu" fait par les Indiens Moquis ; son corps peint en noir est couvert de paillettes qui imitent les étincelles dans la perfection, et son aspect est d'une bonhomie charmante. Lorsque les enfants, assis en rond autour d'un brasier, tandis que leurs pères discutent des affaires du gouvernement en fumant leurs calumets, le font danser au bout d'un fil, quels cris de joie ! Il est le héros de toutes les fêtes enfantines, et son propriétaire en prend le plus grand soin.
Cette jeune personne, dont la figure est encore plus dénuée d'expression, si possible, est faite tout entière d'écorces de pin découpées en lanières !
Les os percés de trous et qu'il s'agit d'enfiler adroitement les uns après les autres dans cette baguette d'acier, représentent le jeu favori de indiens Cheyenne ; sorte de bilboquet, sans doute, il représentera les jeux d'adresse, dans notre petite exposition de joujoux.
Que dire de ce singulier animal ? Il est assez bien fait pour que chacun puisse sans hésiter le reconnaître pour un bison, ou buffle d'Amérique ; c'est un produit remarquable du talent des Indiens Sioux, ces terribles chasseurs de chevelures.
Pour jouer au foot-ball, voici une balle possédant toutes les qualités requises ; elle rebondit parfaitement et elle est presque indestructible. Cette balle, d'origine siamoise, est faite entièrement en bambou.
Les Peaux-Rouges eux, se servent de balles en... pierre, recouvertes de peaux de daim cousues : c'est un jeu plus sérieux et il ne serait pas bon de se voir lancer au visage une balle de cette espèce!
Passons maintenant à l'Inde, dont nous nous rapprochions tout à l'heure en partant du pays de Siam ; de fabrication hindoue, cet oiseau en paille tressée, monté sur ses roues, amuse les petits enfants de Bénarès, la ville sainte ; les roues de cet ingénieux joujou sont en paille et en bambou.
Revenons à l'Amérique ; voici une poupée du Labrador, en costume d'hiver complet : bottes fourrés, veste, bonnet et cache-nez, mitaines de peaux d'ours accrochées à la ceinture. Sa tête est sculptée dans un morceau de bois. Cette jolie poupée a dû procurer un bonheur sans mélange à son heureuse petite maman, qui pouvait l'habiller ou la déshabiller à son gré : plaisir à nul autre pareil !
Comment n'admirerions-nous pas aussi ce brave guerrier qui se tient si fièrement sur son cheval de bois ? C'est un joujou du vieux Mexique ; il représente un conquérant espagnol. la cotte de mailles est imitée au moyen de petites bandes de cuir, il porte un beaume d'étain couvert de plumes éclatantes et une cuirasse, d'étain également, destinée à faire illusion.
Le cheval est articulé, tout comme son petit cavalier, et il peut se mouvoir d'avant en arrière sur une tige de bois.
Pendant les longues nuits du Pôle, le petit peuple des Esquimaux fabrique dans des dents de morses ou des morceaux de bois échoués sur la rive, des objets merveilleux de finesse et d'art patient. Voici un de ces objets ; ce n'est qu'un joujou d'enfant, comme les autres, un petit traîneau à chiens ; mais quelle délicate sculpture ! Admirons sans réserve et terminons par là notre énumération.
Nous ne pouvons citer à l'infini les joujoux en usage chez les peuples non civilisés de toutes les parties du globe, mais soyons certains que leur diversité est vraiment sans limite.
L'ingéniosité patiente a produit tant de ces petits chefs-d'oeuvre qu'on ne sait lesquels admirer davantage.
JOÉ PILGRIM

 



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