Home - News - Links - Antic photos - Articles on toys & dolls
actualités - liens - photos anciennes - articles jouets et poupées
 

 

Eng/US version click here



FERRARI MINIATURES:
MYTHE ET CURIOSITE


Texte et photos: MICK DUPRAT
Les automobiles de marque Ferrari sont à l'origine d'un innombrable parc de miniatures. Il s'en est produit des quantités considérables. Toutefois, quelques-unes se démarquent des autres productions par une approche non-conventionnelle des choses.

Ces jouets sont parfois insolites par leur forme approximative ou surréaliste. C'est avec ces Ferrari-là que nous allons parcourir, aujourd'hui, le passionnant monde lilliputien. Dans la réalité, tout commença chez Ferrari avec le type 166 MM. Cette auto doit ses deux initiales à l'exaltante course des Mille Milles qui se déroulait en Italie, pour l'avoir inscrite à son palmarès, trois fois de suite, en 1948, 1949 et 1950. Cette Ferrari, première mouture, doit aux marques de jouets Solido et Idéal son existence dans l'univers de la miniature. La barquette Ferrari a probablement séduit les responsables de la marque française Solido le jour où les pilotes Luigi Chinetti et Selsdon remportèrent à leur volant, en 1948, la course des 12 Heures de Paris.
Six ans plus tard, préférant un simple 4 cylindres au fabuleux 12 cylindres qui fera plus tard sa renommée, Ferrari décroche avec ce nouveau moteur disposé dans les type 750, le titre de Champion du monde de la catégorie voitures de sport. Avec ses 1re et 2e places sur l'autodrome de Monza, les Ferrari victorieuses donneront naissance à une toute petite série qui portera le nom de Monza, l'autodrome où elles se mirent en valeur pour la première fois.
Aux Etats-Unis, ce sont les pilotes Phill Hill et Carroll Shelby qui se distingueront au volant d'une Monza et ce n'est pas parce que les Japonais ne sont pas grands physiquement qu'il faut en déduire que leur mémoire est courte. Dix ans plus tard, ils se souviendront des exploits de ces deux pilotes américains et la marque japonaise Bandaï éditera une exceptionnelle Monza en tôle décorée du célèbre drapeau américain "stars and stripes" décorant le capot.
Au début des années cinquante, Ferrari va faire son entrée dans le cercle des constructeurs de bolides destinés aux grands prix. C'est la plus longue et la plus importante carrière qu'un constructeur ait consacré aux monoplaces puisque de nos jours encore, Ferrari continue imperturbable à aligner aux meilleures places ses montures rouges frappées du cheval cabré, logotype de la Scuderia créé par Enzo Ferrari lui-même. Mais si le rouge, autrefois couleur nationale des voitures italiennes de grands prix, est associé à Ferrari pour la postérité, quelques-unes ont été décorées d'une couleur nationale d'un autre pays. Cela surprend un peu, mais ce choix a été réalisé, entre autres fabricants de jouets, par Lima et Braglia, avec une monoplace jaune pour le premier cité et une verte produite parallèlement à une rouge pour le second. Rappelons que la couleur jaune fut celle réservée à l'usage des autos de course de nationalité belge et la verte à celles de Grande-Bretagne.
Quant à la marque italienne de jouets Ingap, elle a choisi le chrome qui s'apparente pourtant plus à la couleur argent des bolides concurrents allemands de l'époque, Mercedes en formule 1 et Porsche en formule 2! Le réalisme est une notion qui semble avoir manqué à quelques fabricants de jouets, ce qui choque assez souvent les collectionneurs pour qui dans l'ensemble une Ferrari n'est pas tout à fait une Ferrari quand elle n'est pas de couleur rouge.
La marque d'apéritif italien Toschi demanda un jour au spécialiste Marchesini un conditionnement particulier pour ses produits alcoolisés. Le spécialiste en question utilisera les lignes de la Ferrari type 500 de formule 2 au volant de laquelle tous les grands champions des années cinquante - Villoresi, Ascari et Farina en tête - décrochèrent les premières places de grands prix dans le monde entier, pour réaliser une bouteille qui, une fois vidée de son contenu, devenait un jouet des plus attractifs pour les petits enfants mais aussi les parents!
En 1953, la marque souveraine à l'échelle du 1/43e, Dinky-Toys, se manifeste en ajoutant à son catalogue une monplace de type identique à la Ferrari Apéritif Toschi, peinte toutefois en bleu, avec le "nez" jaune, qui sont les couleurs nationales pour les écuries provenant d'Argentine. Cette Ferrari sera diffusée, plus tard, en rouge avec des numéros de start tellement variés et nombreux qu'aujourd'hui, des collectionneurs de Dinky-Toys et de Ferrari, en particulier - et de 1/43e en général - en ont fait un thème dans leur thème, procurant à cette Ferrari, pourtant notoirement diffusée, une exceptionnelle position qui la marginalise.
Tandis que la marque allemande J.N.F. marque le passage du moteur de l'avant à l'arrière sur une monoplace Ferrari avec sa "Struxi", reproduisant la Dino 156 F1 de 1961, apparaît une curiosité - encore une - sous la forme d'une Superamerica... compétition. Une curiosité qui repose sur le fait que son concepteur Pininfarina n'a jamais prévu cette Ferrari pour la course mais bel et bien pour l'apparât! C'est à Bandaï que l'on doit cette auto-jouet peu conformiste et comme cette production inattendue pouvait en cacher d'autres, la même marque japonaise commercialisa en 1958, un cabriolet Superamerica d'où émerge une conducteur à la tête démesurée; puis en 1960, une autre Superamerica au hard-top très spécial; enfin, en 1964, une 275 GTB en version... "Police"! Peut-être son concepteur avait-il puisé cette idée à la vue de ces autres rapides GT attribuées à notre police des autoroutes que sont les Porsche?
Cette fantaisie en a rencontré une autre sous la forme de la Ferrari 330 P4. Son concepteur italien Elegi n'a probablement jamais vu un pilote au volant d'une Ferrari, puisque le préposé au pilotage de cette P4 n'est ni couché, ni allongé mais carrément assis à l'équerre! Cette Ferrari, pourtant pas trop mal réussie esthétiquement, devient franchement bizarre par ce manque d'attention au sujet de la position de son pilote.
Vers la fin des années soixante, Ingap produira à son tour une pièce d'exception sous la forme d'une F1 type 158. Ce jouet se démarque des autres Ferrari par le fait qu'il sera à la fois la dernière Ferrari et le dernier jouet produit par cette marque, avant qu'elle ne ferme définitivement ses portes. Son niveau de fabrication est le reflet du climat qui régnait alors. La matière plastique fait aussi "pauvre" que le compte en banque d'Ingap et que le niveau d'entente qui régnait dans le même temps entre Enzo Ferrari, ses pilotes, ses ingéneurs et ses mécaniciens.
Les tifosi durent attendre la décennie 70 pour voir enfin la bonne humeur revenir conquérir le clan Ferrari. Entre 1966 et 1968, la type 312 connaît un succès extraordinaire en course. Cette Ferrari sera la première à employer le célèbre aileron stabilisateur positionné sur l'arrière qui se généralisera ensuite chez tous les autres constructeurs concurrents. Raison nécessaire et suffisante pour que le constructeur de miniatures allemand Schuco planche sur cette monoplace spécifique. Il en créera deux versions: une bien connue, celle qui n'est pas démontable entièrement et une version peu connue qui, elle, est entièrement démontable.
Ferrari ayant renoué avec le succès, grâce au pilote autrichien Niki Lauda, devenu champion du monde en 1975, puis en 1977, l'apéritif Toschi renoue quant à lui avec la production d'un conditionnement. Cette fois, Toschi fait appel à Polistil pour lui fournir une série de Ferrari 312 T dans lesquelles coulera, pour fêter les bons moments, l'apéritif maison. Si la première de ces bouteilles est bien connue, cette de Polistil l'est beaucoup moins des Ferraristes comme des collectionneurs d'autos miniatures. A ce titre, la Ferrari 312 T2 Toschi-Polistil rentre dans le club très fermé des Ferrari particulières de petite échelle.
L'ultime Ferrari d'exception de notre propos est en plastique. De surcroît, sa couleur est bleue. Même dans son pays d'origine, l'Espagne, cette Ferrari est quasiment inconnue. Il s'agit d'une barquette 330 P3 à l'intérieur de laquelle pilote et co-pilote de rallye, notes à la main, s'affairent pour obtenir le meilleur temps. La curiosité, due à la marque espagnole Vansa, provient à la fois de la couleur bleue employée et de ce type de Ferrari qui n'a jamais couru en rallye!
Sur le thème Ferrari, comme ailleurs, la rigueur n'a pas toujours été au premier plan des préoccupations des fabricants de jouets qui se sont penchés sur leurs reproductions à la dimension des enfants. Il est vrai que ces fantaisies procurent un regain d'intérêt pour les petites Ferrari, intérêt venant s'ajouter aux pièces, certes conçues avec précision et réalisme, mais restant rares dans l'univers merveilleux de l'automobile miniature! A marque prestigieuse, miniatures d'exception...
Mick DUPRAT


1: Solido fut la seule marque de jouet à s'être intéressé, avec Idéal, aux premiers succès en course (1948) de la Ferrari 166 MM, dont les lettres de cette référence proviennent précisément de sa victoire aux Mille Milles, en produisant, dès 1949, cette barquette démontable en zamac, à l'échelle du 1/50e.

2: Installé au volant d'une Ferrari, on peut rapidement attrapé "la grosse tête". C'est ce qu'on dut penser les concepteurs de ce jouet japonais d'origine Bandaï. La Ferrari a été réalisée à partir d'un modèle Superamerica cabriolet 410 de 1958.

3: Ingap est une marque de jouets italienne qui réalisa des pièces présentant un intérêt évident ou particulier comme cette Ferrari qui brille de tous ses chromes! Ce choix de décoration est insolite et va même jusqu'à choquer de très nombreux collectionneurs de Ferrari en miniature pour qui un bolide de la Scuderia doit être avant tout de couleur rouge.

4: Cette Ferrari formule 2 type 500 qui remporta de très nombreux succès en course dans les années 50 cache sous sa carrosserie une bouteille d'apéritif. Ce fut une excellente idée lancée par la marque d'apéritif Toschi concrétisée par Marchesini en Italie.

5: Toschi récidivera, en 1976, lorsque Ferrari renouera avec le succès, après de nombreuses années passées sans gloire. Toutefois, la nouvelle version ne sera plus en métal mais en plastique et sa réalisation sera confiée à Polistil. Il s'agit d'une reproduction de la monoplace type 312 T, au volant de laquelle le pilote autrichien Niki Lauda devint champion du monde des conducteurs!


6: En Espagne, Vansa a carrément fait dans l'inattendu. La 330 P3 n'ayant jamais couru en rallye, la Ferrari - bleue de surcroît! - est insolite au plus haut point!

7: Une Ferrari d'origine allemande. La Schuco est un type 312. Il a existé 2 versions de cette voiture de course. L'une n'est pas démontable, tandis que l'autre (photo) l'est. Cette dernière version est beaucoup plus rare que l'autre.

8: La Dino 156 provient de la marque allemande J.N.F. Baptisée "Struxi" par son fabricant, cette dernière est l'une des rares à marquer le passage des moteurs de l'avant à l'arrière chez Ferrari.

9: La réalisation du Japonais Bandaï rappelle les premiers succès en course aux USA de la 750 Monza des pilotes américains Hill et Shelby.

 

10: Elegi a donné une bien curieuse position de conduite au pilote de sa barquette type 330 P4. On remarquera également que le logotype de la Scuderia Ferrari n'est pas disposé au bon endroit. Il devrait se trouver derrière la roue avant.

11: La mort du petit cheval? Oui. Mais pas celle du "cavalino" de Ferrari, toujours aussi fougueux, mais celle de la fameuse marque italienne Ingap qui disparut de la longue liste des fabricants de jouets, après avoir réalisé ce dernier jouet qui n'est autre qu'une monoplace de F1 type 158, en matière plastique.

12: La marque Lima a reproduit la monoplace Ferrari type 166 en jaune, couleur officielle de l'Ecurie Francorchamps en Belgique.

 

13: La monoplace de formule 2 (1950) produite par la marque italienne Braglia est la seule avec la type 312 de Schuco et la 166MM de Solido a offrir la possibilité d'être démontable.

 



Copyright jacky broutin - pitcheetoy.com - 2007